Le Tzay Panh des Dao Rouges
Mettre à jour: 13 Juin 2014
Question authenticité et originalité, le Tzay Panh des Dao Rouges n’a rien à envier au Gao Tao des Mong ou au Long Tong des Tay. Si elle s’exprime par ici par la danse, la ferveur y est la même ! Trinh Xuan nous emmène dans la province de Yen Bai, au Nord, pour nous faire vivre l’ambiance de la fête.   

Cap sur le district de Luc Yen où pour les Dao Rouges, le Tzay Panh est une fête rituelle très importante. La tradition veut que les festivités aient lieu chez les chefs de trois des plus grandes lignées Dao : les Ly, les Ban et les Trieu. Tout se passe les deux premiers jours de la nouvelle année lunaire, le soir venu.

« C’est un rituel censé apporter de bonnes récoltes, qui se déroule dans une atmosphère particulièrement conviviale, nous dit Trieu Quy Hoi, un Dao Rouge de Yen Bai. Et puis c’est une manière comme une autre de préserver nos coutumes ! »

Au son des gongs, de dizaines de jeunes danseurs et danseuses se meuvent, dirigés par le maître des rituels. Pour commencer, celui-ci leur fait exécuter 14 danses traditionnelles destinées à accueillir les ancêtres et les dieux.

Pour saluer leurs ancêtres défunts, les danseurs sautent sur ​​un pied, baissent la tête, et soulèvent l’index de la main droite. Pour accueillir les génies, ils imitent les cigognes prenant leur envol à la recherche d’un perchoir. Quant à « l’invocation aux dieux », elle consiste en une chorégraphie à la gestuelle puissante, inspirée du tigre. Toutes ces danses,   hautement symboliques, sont une manière de convier les dieux et les ancêtres à venir partager les festivités de la nouvelle année avec les êtres humains. Bàn Phúc Châu, maître des rituels du hameau de Bo Mi 1, un hameau rattaché à la commune de Tân Phuong, nous raconte :

Les Dao, une fois qu’ils ont atteint leur maturité, sont protégées par des gardiens célestes. Les hommes sont accompagnés par 36 mandarins civils et par 72 officiers. Pour les femmes, il n’ y a  que 24 mandarins civils et 36 officiers. Les danses évoquent le moment où les gardiens de nos ancêtres retrouvent le chemin du foyer. Ils encouragent alors nos ancêtres à protéger leurs descendants.      

Il n’est pas rare, au cours de la fête, de faire l’éloge des ancêtres et de louer leurs bienfaits.

Même si les danses sont éxécutées par les membres d’une même lignée, elles attirent toujours de nombreux spectateurs venus des hameaux voisins, en particulier des jeunes gens qui n’hésitent pas à exhiber leur force virile en sautant très haut et en se roulant dans des braises ardentes, histoire sans doute d’épater leur belle…

« Le Tzay Panh se tient tous les deux ans ou tous les quatre ans, au pire, raconte Bàn Phúc Suong, 71 ans. Sinon, nous avons l’impression que la puissance de nos ancêtres est en train de se dissoudre et que les forces célestes ne seront plus en mesure de nous protéger des catastrophes naturelles et des épidémies. C’est comme ça que la tradition se perpétue, de génération en génération. »

La fête comprend aussi une cérémonie de culte, moment d’introspection pour toute la lignée. Le rituel se termine par une danse du drapeau impliquant à la fois le maître des rituels et les jeunes Dao.

VOV